



| Envergure | Longueur | Hauteur | Surface alaire |
|---|---|---|---|
| 11,40 m | 10,15 m | 3,75 m | 21,90 m2 |

| Vide | Charge | Maximale |
|---|---|---|
| 2635 kg | 3385 kg | 4015 kg |
Donovan Berlin, ingénieur en chef chez Curtiss, décida de remotoriser un P-36 (le 10e construit) avec un moteur à cylindres en V, l'Allison V-1710. Un tel moteur, à puissance égale avec un moteur en étoile, offrait moins de trainée et donc permettait une vitesse un peu plus élevée, de l'ordre de 5%. L'appareil fut commandé en juillet 1937 sous la désignation XP-40. Le prototype vola pour la première fois le 14 octobre 1938 entre les mains d'Edward Elliott à Buffalo. A l'origine, le radiateur était monté à la racine des ailes, mais le gain obtenu était trop faible et des tests en soufflerie au sein du NACA montrèrent qu'il valait mieux utiliser un radiateur sous le nez, mais avec un capot plus aérodynamique. L'appareil, qui dépassait déjà les 300 mph (500 km/h), franchissait les 350 mph (570 km/h). Lorsque le P-40 apparut, son moteur était moins puissant que celui de chasseurs contemporains et il fut moins rapide. En revanche, il avait une bonne maniabilité aux basses et moyennes altitudes, et pouvait se mesurer aux chasseurs japonais aux hautes vitesses. Doté de moteurs de 1200 hp, il avait une excellente vitesse en piqué. L'appareil se révélait facile à piloter (sauf peut-être à la vitesse maximale), dépourvu de vices, capable de supporter des climats extrêmes, facile à entretenir, bien protégé, robuste au point de survivre à certaines collisions en vol, et d'une excellente autonomie pour un appareil du début de la seconde guerre mondiale. En revanche, son armement de départ (2 mitrailleuses de 12,7 mm et 2 autres de 7,7 mm) était insuffisant et il faudra attendre le P-40E pour voir apparaître un armement plus conséquent. Dès avril 1939, l'USAAC commanda 524 P-40. Cette commande était pour l'époque sans précédent et correspondait à la volonté de l'USAAC de se moderniser en constatant l'avancée technologique des chasseurs européens de l'époque. Il fut uniquement connu aux Etats-Unis sous le nom officiel de "Warhawk". Le P-40 fut le principal chasseur de l'USAAF dans le Pacifique dans les années 1941 et 1942. Il fut engagé pour la première fois à Pearl Harbor, où seulement deux exemplaires, pilotés par George Welch et Kenneth M. Taylor, purent décoller pour affronter les appareils japonais (5 furent descendus). Il fut également engagé dans les Philippines, en Indonésie, dans les îles Salomon, en Nouvelle-Guinée, en Australie et en Birmanie. Afin de compenser les pertes (y compris au sol) et les faiblesses face aux A6M et Ki-43 plus manœuvrables, les P-40 furent adopter des tactiques verticales. Il fut graduellement remplacé par le P-38 et P-51 à partir de 1943, tout en conservant un bon taux de victoires/pertes. L'utilisateur le plus célèbre du P-40 reste bien entendu le 1st American Volunteer Group, ou "tigres volants". Il s'agissait officiellement d'une unité chinoise, constituée de mercenaires et dirigée par Claire Chennault. 3 escadrons de 20 appareils chacun composaient cette unité : "Adam & Eve", "Panda Bears" et "Hell's Angels". Les premiers P-40B (en réalité des Tomahawk IIB destinés à la RAF) furent reçus courant 1941. Par rapport à leurs opposants japonais, ils s'avéraient bien armés, disposaient d'un bon taux de roulis et d'une bonne vitesse en piqué. En revanche, il valait mieux éviter le combat tournoyant, surtout à basse vitesse. 100 Tomahawk furent reçus, puis remplacés par des P-40E. Les Tigres volants combattirent du 20 décembre 1941 au 14 juillet 1942. Il est officiellement crédité de 297 victoires, mais la réalité tourne peut-être autour de 115. 14 pilotes furent tués au combat. Quand à la fameuse "mâchoire de requin", elle est inspirée par celle arborée par des Bf 110 en Afrique du Nord.La France, qui employait déjà des P-36 (sous la désignation Hawk-75), commanda 230 exemplaires de la version P-40 (désignation Hawk 81A-1). Elle ne put être livrée avant l'armistice et les appareils furent reversés à la Grande-Bretagne, parfois avec des instruments de vol en système métrique. Le CC II/5 "Lafayette" recevra des P-40F et L fin 1942, qui seront utilisés en Tunisie et en Méditerranée jusqu'en 1944. La Royal Air Force équipa 18 squadrons avec le P-40 : ils servirent principalement en Méditerranée au sein de la Desert Air Force à partir du début 1941. Le P-40 était déjà dépassé pour opérer en Europe. Les P-40 de première génération (P-40B et C) furent baptisés Tomahawk et furent utilisés jusqu'en 1943. Les P-40 de deuxième génération (P-40D et suivants) furent surnommés Kittyhawk et apparurent courant 1942. Ses appellations furent utilisées dans tout le Commonwealth. Le P-40 était considéré comme globalement supérieur au Hurricane (qu'il remplaça en Afrique du Nord), au Bf 109E (dont il provoqua le remplacement par le Bf 109F), au fiat G.50 et MC 200. Il pouvait se mesurer, sous certaines conditions, au Bf 109F et MC 202. L'Australie reçut 163 P-40E, 42 P-40K, 90 P-40 M et 553 P-40N. 2 escadrons de la RAAF servirent d'abord au sein de la Desert Air Force en Afrique du Nord, puis dans le Pacifique. C'est un Australien qui remporta le plus de victoires (22) avec un P-40. Il y fut désigné A-29. Le P-40 fut retiré du service en 1947. Le Canada reçut 72 Kittyhawk I, 12 Kittyhawk Ia, 15 Kittyhawk III et 35 Kittyhawk IV, qui équipèrent 13 escadrons. Le Spitfire était considéré comme plus performant, mais non disponible. 3 autres escadrons reçurent des Tomahawks. Ils opérèrent en Europe, mais aussi en Afrique du Nord, en Méditerranée, en Asie du Sud-Est et dans le sud-ouest du Pacifique. La Nouvelle-Zélande reçut 301 P-40, qui combattirent les Japonais avec succès dans le Pacifique de 1942 à 1944. Les Néo-Zélandais revendiquèrent 100 victoires pour 20 pertes, essentiellement des Zeros. Ils furent remplacés par le F4U Corsair en 1944 et relégués à l'entraînement, avant d'être pour la plupart ferraillés en 1948. Le P-40 semble avoir été le tout premier chasseur Allié à être cédé à l'URSS dans le cadre de la loi Prêt-Bail. 2097 P-40 furent livrés aux VVS et à la Marine Soviétique. Les premiers arrivèrent en septembre 1941, mais de nombreuses pièces manquaient et les vols de tests révélèrent des défauts de fabrication. Il était jugé inférieur par certains côté aux chasseurs équipés du moteur M-105P, type LaGG-1, et son armement insuffisant face aux chasseurs allemands. Malgré tout, il fut apprécié pour son autonomie, engagé avec succès au combat (y compris aérien) jusqu'au début 1943. Il fut peu à peu remplacé par le La-5 et divers Yak. Les Soviétiques reprirent à leur compte les appellations du Commonwealth. Le Japon lui-même captura et même employa des P-40 : au moins 10 P-40E furent brièvement utilisés en 1943 pour défendre Rangoon par l'armée de l'air impériale. La Finlande répara un P-40M soviétique, mais ne put guère faire plus que des vols d'évaluation. Il fut également utilisé pendant la guerre par l'Afrique du Sud et la force aérienne néerlandaise d'Asie. Il fut également vendu pendant la guerre au Brésil (il fut le dernier à le retirer du service, en 1958) et en Turquie (de 1942 à 1946). Après guerre, on le retrouvera en Egypte (P-40C) et en Indonésie (très certainement des P-40N de l'ancienne force aérienne néerlandaise du Pacifique). 13738 exemplaires furent construits de 1939 à novembre 1944, ce qui en fait le 3e chasseur américain à être le plus produit, derrière le P-51 et le P-47. Facile à construire, il était plus facilement disponible que d'autres appareils de même génération plus performants. S'il s'avéra insuffisant en Europe, il permit cependant de reprendre l'initiative dans le Pacifique, et, dans une moindre mesure, en Afrique du Nord. C'est un appareil controversé, qui fut tour à tour encensé puis décrié (il était clairement sous-motorisé pour l'époque), mais au final, il compta tout de même dans la victoire finale : plusieurs de ses pilotes devinrent des as à son bord.